Sommeil et pensées du soir : quand le mental s’agite au coucher (et comment l’apaiser en douceur)
- donytiatherapie

- 7 mai
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Dans cet article, vous trouverez des éléments pour mieux comprendre ce qui se joue dans ces moments, ainsi que des conseils pratiques et des exercices concrets en fin d’article.
Quand tout s’arrête… ou presque...
Vous vous allongez enfin. Le corps est fatigué, la journée touche à sa fin.
Et pourtant… à l’intérieur, ça continue.
Les pensées du soir arrivent, parfois sans prévenir. Une discussion qui revient, une inquiétude pour demain Une sensation diffuse, difficile à nommer.
Vous aimeriez simplement trouver le sommeil… mais votre mental au coucher semble encore éveillé.
Si vous vivez cela, sachez une chose importante : vous n'êtes pas seul(e).
👉 Selon les données les plus récentes de Santé publique France et de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance, environ 1 adulte sur 3 en France rencontre des difficultés de sommeil.
Cela représente près de 20 millions de personnes.
Et selon certaines études plus larges, jusqu’à 45 % des Français disent être concernés par au moins un problème de sommeil, de manière ponctuelle ou régulière.
Et bien souvent, ces moments se vivent dans le silence, sans vraiment être partagés.

Pourquoi le mental s’active-t-il le soir ?
Dans la journée, nous sommes souvent en mouvement : échanges, obligations, tâches à accomplir, sollicitations multiples… le mental est occupé, tourné vers l’extérieur.
Puis le soir arrive. Tout ralentit.
Et dans ce ralentissement, ce qui était en arrière-plan remonte naturellement. Les pensées du soir ne sont pas forcément nouvelles, elles sont souvent le prolongement de ce qui a été vécu dans la journée :
des éléments non traités
des émotions mises de côté
des situations restées en suspens
des anticipations
Le mental, dans ce moment plus calme, continue simplement son mouvement naturel : organiser, comprendre, relier, prévoir.
Non pas pour vous déranger… mais souvent dans une tentative de maintenir une forme de stabilité intérieure.
Et c’est justement parce que le rythme extérieur s’arrête que ce mouvement intérieur devient plus perceptible. Parfois plus intense, surtout au moment où le corps, lui, aspire au repos.
Ce que l’on cherche souvent à faire dans ces moments :
Quand le mental s’active, on essaie souvent de :
“faire taire les pensées”
se forcer à dormir
contrôler ce qui se passe à l’intérieur
Mais plus on lutte, plus l’activité mentale peut s’intensifier.
👉 Il ne s’agit pas de les analyser ou de les résoudre, mais simplement de les accueillir telles qu’elles passent.
Souvent, le fait de reconnaître ce qui est là… permet déjà un début de relâchement.
Par exemple :
“Tiens… ces pensées sont là ce soir.”
Ou encore :
“Je remarque que mon mental est actif en ce moment.”
👉 Une autre voie possible est de créer des conditions qui favorisent le relâchement plutôt que le contrôle.
Créer des rituels du soir apaisants
Le corps et l’esprit aiment les repères.
Instaurer des rituels du soir simples peut aider à signaler progressivement que la journée se termine et que le temps du repos peut commencer.
Sans chercher à “bien faire”, il s’agit surtout de créer des habitudes douces qui soutiennent le ralentissement intérieur.
Par exemple :
📱 Réduire l’exposition aux écrans avant le coucher (30 à 60 min)
🕙 Essayer de garder des horaires de sommeil réguliers
📝 Prendre un moment pour écrire ses pensées de la journée afin de diminuer la charge mentale
🔆 Diminuer progressivement la lumière en fin de soirée pour créer une ambiance plus douce
Exercices : pour apaiser le mental avant le sommeil
Chaque exercice peut être déroulé individuellement. Prenez celui qui vous appelle le plus.
Scan corporel guidé : revenir dans le corps et relâcher en profondeur
Avec la pratique, cet exercice peut aider à :
quitter progressivement le flot des pensées
revenir dans les sensations du corps plutôt que dans le mental
relâcher les tensions physiques accumulées dans la journée
favoriser une sensation d’ancrage et de présence à soi
accompagner l’entrée dans un état de repos plus profond
Cet exercice se pratique allongé, dans le calme (dans votre lit si possible). Installez-vous confortablement, comme dans un nuage. Prenez un instant pour sentir simplement le contact du corps avec le lit… le poids… le soutien.
Vous pouvez mettre de la musique douce, sans paroles, ou des bruits blancs.
Puis, doucement, portez votre attention sur le corps, comme si vous le parcouriez de l’intérieur.
Commencez par le visage
Le front… les yeux… la mâchoire. Observez s’il y a des tensions.
À chaque expiration, vous pouvez laisser cette zone se relâcher un peu plus, comme un vent doux qui passe et emporte les crispations.
Puis la nuque et les épaules Souvent, c’est là que le corps garde beaucoup de ce qui a été porté dans la journée.
Laissez votre nuque, vos épaules se relâcher, s'enfoncer dans votre matelas.
Continuez avec les bras, jusqu’aux mains Observez leur poids naturel, leur manière de reposer, le contact de vos mains avec le support.
Puis la poitrine et le ventre Laissez la respiration se faire seule, sans la contrôler. Juste observer le mouvement… l’entrée de l’air dans vos poumons… la sortie de l’air.
Terminez par le bassin, les jambes, jusqu’aux pieds Comme si le corps s’enfonçait doucement dans votre lit.
Prenez un instant pour ressentir votre corps dans son ensemble, posé… qui n’a plus rien à porter pour le moment.
S’il y a des pensées, elles peuvent être là. L’idée n’est pas de les chasser… mais de revenir encore et encore aux sensations du corps.
Écriture libre : déposer ce qui tourne dans votre tête
Cet exercice permet de sortir les pensées de l’espace mental pour les déposer à l’extérieur, sur le papier.
Prenez un carnet ou une feuille, sans exigence particulière. L’important ici n’est pas la forme, mais le mouvement de décharge.
Installez-vous quelques minutes, idéalement en fin de journée ou juste avant le coucher.
Écrivez ce qui vient, sans filtre :
pensées en boucle
préoccupations du moment
choses à ne pas oublier
émotions présentes
phrases incomplètes
Il ne s’agit pas de structurer, ni d’analyser, mais simplement de laisser sortir ce qui occupe l’espace intérieur.
Lorsque vous sentez que c’est suffisant, vous pouvez conclure en écrivant une phrase simple, comme une manière de clôturer :
“Pour ce soir, je peux déposer cela ici.”
Puis laissez le carnet de côté.
Respiration lente 4-6 : calmer le rythme intérieur
Cet exercice vise à accompagner le corps vers un rythme plus lent, propice au relâchement.
Allongez-vous confortablement.
Si cela vous aide, vous pouvez poser une main sur le ventre pour sentir le mouvement respiratoire.
Inspirez doucement par le nez pendant environ 4 secondes. Sentez l’air entrer… passer par le nez… descendre dans la poitrine… puis jusqu’au ventre qui se soulève légèrement.
Puis expirez lentement par la bouche pendant environ 6 secondes. Comme si vous laissiez l’air s’échapper doucement… en relâchant un peu plus le corps à chaque expiration.
Prenez le temps de ressentir : le mouvement du ventre… la poitrine qui se soulève puis redescend… l’air qui entre dans vos poumons… puis qui sort…
Continuez ce rythme pendant quelques minutes.
Laisser le corps trouver un tempo plus calme.
Si des pensées apparaissent, laissez-les passer… et revenez simplement aux sensations de la respiration.
Lieu ressource : créer un espace intérieur sécurisant
Cet exercice propose de revenir vers un endroit intérieur dans lequel vous pouvez, l’espace de quelques instants, vous sentir en sécurité et plus apaisé(e).
Il ne s’agit pas de bien visualiser, ni d’imaginer quelque chose de précis. Simplement de laisser venir ce qui vient.
Installez-vous confortablement Prenez une respiration naturelle.
Puis, laissez émerger un lieu : réel ou imaginaire.
Peut-être un endroit que vous connaissez déjà :
la mer avec les pieds dans le sable,
la montagne avec ses décors époustouflants à perte de vue,
dans un village pittoresque,
un monde féérique,
un paysage intérieur...
Prenez le temps d’y entrer doucement.
Observez ce qui est là :
les couleurs
la lumière
les formes
les sons
les sensations agréables que cela vous procure
Rien à analyser. Rien à réussir.
Simplement être là, quelques instants.
Si des pensées arrivent, elles peuvent être là. Et en même temps, vous pouvez doucement revenir à cet endroit… comme à un point de repos intérieur.
Lorsque c’est le bon moment, vous pouvez revenir doucement au moment présent, en gardant peut-être une sensation de calme, même légère.
Pour terminer :
Ces exercices ne sont pas des solutions à appliquer parfaitement.
Ils sont des propositions, des espaces possibles pour accompagner le mental vers plus de douceur.
Parfois cela aide, parfois un peu moins, et c’est ok.
Le sommeil ne se contrôle pas.
Il se laisse venir, dans un espace où le corps et le mental peuvent progressivement relâcher.
Et parfois, commencer simplement par observer ce qui se passe… c’est déjà une première forme d’apaisement.
Donytia Rodriguez Psychopraticienne

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